Décidément, les hauteurs de Revigny manquent de liens de continuité avec le bas de la reculée. Après nous être penchés sur le secteur qui domine le quartier du Tonkin (Malpierre, Machardière, chemin de Vernantois…), nous nous sommes tournés vers la problématique jonction entre les deux voies vertes, dans le secteur que domine le belvédère de la Guillotine.

         En effet, aujourd’hui, entre le chemin des « Cents Marches » et la route de la Baume, qui contraint au crochet fastidieux jusqu’à la proximité de Publy, rien n’existe vraiment pour franchir les deux ou trois hectomètres qui séparent les deux plateformes des anciennes voies ferrées ( Lons-Champagnole et « Tacot »). Certes, ici ou là, peuvent être découvertes inopinément des traces pour l’usage des chasseurs, mais on est loin de la constitution d’un véritable sentier établi de bout en bout.

         Cependant, avant de se lancer dans l’inconnue, généralement en partie boisée, on bénéficie de l’apport précieux de cartes postales datant du début du XXème Siècle, peu après la mise en service des voies ferrées. A cette époque, la plupart des terrains qui nous intéressent étaient sensiblement à découvert. Ce qui nous a permis d’acquérir la certitude qu’aucune falaise rocheuse n’était dissimulée dans le secteur considéré. Il y a simplement alternance d’éboulis de cailloux et d’éboulis de grosses pierres. On marche à flanc dans les premiers et en ligne de pente dans les seconds (comme dans un escalier).

Le deuxième "chaînon manquant" de Revigny enfin tracé

Vue d’été du point où le petit sentier aux taches bleues se connecte à la plateforme du «Tacot ». Les deux arbres, en bas à gauche, portent chacun un tache bleue.

Après avoir progressé d’un peu plus de 100m sur le petit sentier, il convient de le quitter sur la droite et d’entreprendre l’ascension de l’amoncellement de pierres, car, plus loin, il faudrait grimper un raidillon qui  ne dispose d’aucune prise pour les mains ou les pieds. Ensuite on tourne à droite et l’on suit sensiblement un niveau constant.

Photo de carte postale datant des années proches de 1900, où, après l’achèvement des deux voies ferrées, les côtes sont largement dénudées. On y découvre, sur le versant opposé au viaduc courbe du « Tacot », la zone qui nous intéresse ici. Apparemment, ce versant n’offre pas de piège significatif en contrebas du pont métallique.

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Pour relier le dessous de la « Guillotine » au « Creux de Revigny », entre plateformes des lignes Lons-Champagnole (ex PLM) et Lons-St Claude (ex CFV ou « Tacot »), on peut oser marcher dans un hectomètre d’éboulis en forte pente et plantés d’arbres et arbustes.

Depuis quelques jours, en suivant les marques oranges on allonge légèrement le parcours, mais on bénéficie d’une ascension moins difficile en partie supérieure, entre le « petit creux » et la plateforme du « bâtiment technique » (local batteries).

         Sur ce plan de situation, on a représenté en bleu la voie verte dite du PLM (responsable, jusqu’à la création de la SNCF, en 1938, de la ligne à voie normale qui reliait Lons le Saunier à Champagnole, exploitée de 1891 à 1953 et déferrée en 1960) et en vert la voie verte dite du « Tacot », qui, de 1898 à 1948 portait la voie métrique du réseau des CFV (Chemins de Fer Vicinaux) qui, partant de Lons le Saunier, aboutissait à Arinthod, Saint Claude et Foncine le Haut, en correspondance avec le réseau du Doubs.

         Le parcours exploratoire effectué entre ces deux voies vertes a été représenté en violet. La première fois, il a été reconnu à la montée entre la voie du « Tacot » et le point matérialisé par le « Petit creux », en août 2010, donc en présence d’une couverture végétale maximale. La seconde fois, il a été emprunté de bout en bout, en descente, de la voie PLM à celle du « Tacot », le 21 novembre 2010, donc avec une couverture végétale très allégée.

         En fait, le véritable chaînon manquant est court, mais en forte pente (pente naturelle d’éboulis constitué de pierrailles). Il n’excède pas 80m, entre le petit plateau de remblais qui environne le pont métallique et le « Petit creux », où l’on rejoint la très discrète trace, tout aussi discrètement balisée par des taches bleues, de ci de là. Il nous est apparu que la meilleure tactique pour conserver son équilibre dans la pente consistait à progresser « en crabe ». Il y eut, certes, quelques ripages de pierres, quelques ancrages temporaires salutaires à trois ou quatre arbustes sur ce tronçon, mais aucune chute ne se produisit. Au reste, même si cela était arrivé, il n’y aurait pas eu grand mal car, d’une part, la densité d’arbres et arbustes est largement suffisante pour stopper les glissades et, d’autre part, aucune paroi rocheuse n’est à redouter dans la bande de terrain concernée.

         Il était fait usage, ici, de bâtons de marche, mais, de par la présence végétale mentionnée précédemment, on peut s’en passer en plaçant astucieusement ses pieds et ses mains. Il est tout de même conseillé de porter des gants pour parer tout risque d’écorchure des mains. Et puis, en période de chasse, il peut être recommandé de revêtir un gilet « fluo » pour ne pas passer pour un gros gibier!

         En avril 2011, l’itinéraire « prébalisé » par taches de peinture orange a été suivi en montée comme en descente. Même si le pied montagnard est préférable dès que l’on s’élève après le « Petit Creux », la piste ainsi marquée est accessible aux marcheurs attentifs et aguerris  aux terrains d’éboulis. La présence d’arbres et arbustes sécurise en cas de dérapages ou de glissades. Il est possible d’aller du belvédère de Guillotine à la voie du Tacot en moins de 10mn.

Voici, en effet ce que l’on découvre, au bout de 80m ou 90m de descente. Après avoir franchi le « Petit creux » sur son bord inférieur, on attrape le petit sentier, à peine tracé...

Ici, en vue automnale, on voit les deux arbres aux taches bleues, qui marquent le point inférieur du petit sentier, en bordure de la plateforme du « Tacot ».

Voici à quoi ressemble l’amoncellement de pierres que l’on trouve sur sa droite peu après avoir pris le petit sentier. Il pourrait s’agir des restes de ruines, mais ce n’est pas certain.

Un aspect de la partie vaguement horizontale qui, à flanc de côte, au bout de 300m environ, conduit au « Petit creux ». Ce dernier suggère une encoche faite dans la pente pour y loger une bâtisse, dont les vestiges seraient les pierres parallélépipédiques éparses qui parsèment ce lieu.

On peut accéder au « petit plateau de remblais » à chacune des extrémités du pont métallique de 70m de long. A une cinquantaine de mètres à droite commence brutalement la forte pante en terrain d’éboulis.

Une vue de la pente munie de ses arbres et arbustes à feuilles caduques. En suivant la ligne de plus grande pente à partir du milieu du petit plateau de remblais, on doit tomber non loin du « Petit creux », que l’on doit découvrir sur sa droite après avoir parcouru moins de 100m en pente accentuée.

Printemps 2011

Pour l’extraire, cliquer sur l’image ci-dessus

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