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CHATEAU de BEAUREGARD
par Verges
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         Entre la partie occidentale du Premier Plateau et la vallée de l’Ain se dresse une crête dont les sommets avoisinent 700m. C’est la côte de l’Heute, que l’on traverse par des saignées naturelle de type cluses, comme entre Nogna et Pont de Poitte, par des petits cols, comme à Mirebel ou au-dessus de Chatillon, ou enfin, par tunnel, comme l’ancienne voie ferrée de Lons le Saunier à Champagnole, au sortir de la gare de Verges.

         Bien sûr, sur ces points hauts un certain nombre de châteaux forts se sont établis au Moyen Age. En particulier, le château de Beauregard, qui contrôlait deux routes importantes en ces temps reculés. Moins de 3km plus au nord se tenait le château de Binans. Aujourd’hui, tous deux sont à l’état de ruines. A Beauregard, la végétation a tellement marqué son emprise que seul émergent vraiment le donjon, dangereusement délité, et quelques éléments de murs. En ces lieux où le danger de chûtes rôde, il vaut mieux faire montre d’une grande prudence. De lourds moellons peuvent tomber du donjon, ou bien le promeneur lui-même peut tomber d’une dizaine de mètres, faute d’avoir vu qu’il était en bordure de plate-forme, du fait d’une végétation envahissante.

         Mais même sans bénéficier réellement d’un point de vue dégagé, comme on imagine qu’il était quelques siècles auparavant, ce château ruiné fournit un but de randonnée.

        

         En démarrant de Conliège, nous sommes partis vers l’est jusqu’à rejoindre l’emprise de l’ancienne voie ferrée Lons-Champagnole au niveau de la gare de Publy-Vevy. Emprise qu’il a fallu abandonner moins d’un kilomètre avant la gare de Verges puisque, au-delà du point où la trace empierrée vire à droite pour rejoindre la route Publy-Verges, la plate-forme de l’ancienne ligne est totalement impraticable, avec une végétation impénétrable.

         Nous n’avions alors guère d’autre choix (sauf à emprunter la route mentionnée précédemment) que de nous glisser sur le GR559, qui cheminait parallèlement à l’ex voie ferrée. Ce chemin s’en va bien vers la gare de Verges, mais au prix d’une marche parfois  rendue difficile, conséquemment à de nombreuses fondrières avec force boue et eau! Heureusement, devant la quasi permanence d’un tel état de fait, se sont formés de petits sentiers de contournement…

         A la sortie de ce tronçon relativement rebutant, on débouche sur une route bitumée, celle qui joint Publy et Verges, en passant ou non devant l’ex gare de cette dernière localité. La présence d’une culée d’ancien pont-rail, juste à notre droite explique clairement pourquoi les dernières centaines de mètre de l’emprise ferroviaire n’intéressaient personne. Si le pont avait été maintenu, il en aurait été autrement. Malheureusement, comme l’a signalé Thierry Pere sur son site à l’occasion d’un reportage effectué de Champagnole à Lons le saunier, tous les ponts métalliques, sauf le gros ouvrage placé en sortie du tunnel Revigny2, ont disparu peu de temps après le déferrement de la ligne. La motivation essentielle, dans les années soixante, où il n’était nullement question de « voies vertes » et où le chemin de fer semblait ne plus avoir d’avenir, était de récupérer un maximum d’acier!

         Mais si l’on a détruit les ponts, on s’est heureusement abstenu de détruire les tunnels, champignonnière  oblige! Cela a été vrai sur Conliège et Revigny. Le court tunnel de Verges n’a pas connu la culture des champignons mais sa position l’a rendu immédiatement utile pour le franchissement de l’Heute par des engins agricoles ou forestiers.

         Avant d’entrer dans cet ouvrage, il faut évoluer devant les anciennes emprises de la gare de Verges. C’est une étendue étonnamment bien remise en état et plaisamment complétée, en particulier par un gîte.

         Une fois tunnel et Heute franchis, nous entamons la lancinante ligne droite qui file plein sud, au pied oriental de la côte. Certes, les presque trois kilomètres à parcourir ainsi ne sont ni faits de désert ni plongés dans des friches insondables; les prairies qui nous bordent sur la gauche, en général, sont de bonne tenue, avec des clôtures en état correct. On y voit même quelques vaches. Mais, assurément, la probabilité d’y rencontrer le genre humain n’est pas des plus élevées!

         Ayant pris la précaution de bien repérer les chemins avant le départ et toujours munis de GPS, nous nous engageons dans la côte et ses bois, sur la droite, au point choisi. Après avoir dépassé une ruine, laissée sur notre gauche, en plein bois, nous sommes invités, par pancarte, à choisir le chemin qui part à gauche pour nous rendre au Château de Beauregard. Voilà qui ne cadre pas avec notre itinéraire préparé. En effet, pourquoi allonger le trajet avec un chemin qui redescend avant de remonter en décrivant un large détour? Nous partons donc vers la droite.

         Ce chemin monte en serpentant modérément. Puis, dans un semblant de petite clairière, au fond, sur la gauche, file un sentier moins bien tracé. On remet alors cap au sud tout en continuant à monter sans excès. Ici, un arbre en travers, là une flaque de boue, mais rien de très difficile. Et, encouragement à persévérer, des traces de roues de vélo sont visibles en maints endroits. Normal, puisque, bientôt, apparaissent de rares balises d’un cheminement VTT!

         Un kilomètre et demi après le début de l’ascension en sous-bois, on pénètre sur une vaste étendue de prairie bien nette, sur la périphérie de laquelle sont disposées de nombreuses stères de bois. D’après la carte, sur le bord droit, part le sentier qui monte au château de Beauregard. Il faut le deviner car aucune trace bien marquée ne traverse l’herbe verte et abondante. En continuant de progresser vers le sud, la prairie commence à descendre et c’est là qu’il faut ouvrir l’œil et se décider à traverser.

         Débute alors un sentier à flanc de côte, peu large mais suffisant, même pour un VTT, semble-t-il. Deux cents mètres après avoir quitté la prairie, un sentier grimpe sur notre droite. Nous le prenons sans hésiter et, rapidement, la progression se poursuit quasiment sur le plat. Puis, à droite, un panneau explicatif, bilingue, retrace succinctement les tenants et aboutissants du Château. Un plan le complète. Mais, en été, la végétation omniprésente ne permet guère de disposer du recul visuel nécessaire pour deviner ou entrevoir les restes de la place forte.

         A peine 100m plus loin, fin de l’ascension, nous voici face à la base, bien malade, du donjon. Inutile d’y pénétrer, une chute de pierre paraît imminente, tant est dégradé le mur! Tant pis, nous ne verrons pas les pays environnant sur 360 degrés… Commençons plutôt à pique-niquer, sans autre présence humaine que la nôtre. Plaçons-nous ni trop près du donjon ni au bord du précipice ( en fait dix à quinze mètres de hauteur de mur, à trois mètres derrière nous).

        

         Sur le trajet du retour, nous ne trouvons pas de choses particulièrement remarquables. Tout au plus, le long du chemin qui, en terrain plat, mène vers Publy, des vaches, dans une mélodie de clochettes, s’inquiètent de voir surgir l’être humain à proximité de leur clôture électrique. Cinq cents mètres plus loin, enfin, apparaissent, au travers des arbres, les premières maisons de Publy.

         Pour donner un peu de cachet à ce tracé de retour, nous choisissons de rejoindre la plate-forme du « Tacot », dans les Monts de Revigny. Nous n’insisterons pas davantage sur ce point, déjà traité par ailleurs.

         Au total, nous aurons parcouru au moins 25km (30km indique même un GPS, plutôt excessif). Une saine fatigue se fait sentir dans les derniers kilomètres. Par bonheur, ça descend!

Présentation de l’ensemble du circuit

Détails à proximité de Beauregard

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